Littérature Canadienne,  Romans,  Science Fiction

La Servante Ecarlate

La Servante Ecarlate // Margaret Atwood // Traduit par Sylviane Rué // Editions Robert Laffont / Collection Pavillons Poche // 2015 // 521 pages

Un petit mot sur l’auteur

Née en 1939 à Ottawa, au Canada, Margaret Atwood enseigne la littérature au Canada. Son premier roman, La Femme Comestible, est publié en 1969. L’auteur au regard visionnaire y aborde déjà ses thèmes de prédilection, dont l’aliénation de la femme et la société de surconsommation.

Auteur d’une quarantaine de livres, elle connaît le succès international en 1985 avec La Servante Ecarlate récompensé par le Prix Arthur C. Clarke.

Quatrième de Couverture

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtues de rouge, Defred, “servante écarlate” parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Mon avis

Cette lecture était désirée depuis un certain temps. J’avais vraiment hâte de pouvoir la commencer et c’est avec gourmandise que je me suis enfin jetée dessus… Pourtant … A trop vouloir on finit par être déçue… J’aurais du m’en douter car c’est souvent comme ça que cela fonctionne, et j’aurais aussi du me méfier de la déferlante d’avis bienveillants et extatiques sur ce livre, car comme souvent je ne rejoins pas l’avis général. Non pas que le sujet ne m’ait pas plu, bien au contraire, c’est plutôt le style et le choix final de l’auteur qui m’ont perdu … Bref regardons tout cela de plus près.

Nous nous retrouvons donc dans un monde où la natalité a tellement diminué que les hommes ont décidé d’asservir la plus grande partie des femmes afin d’en faire des reproductrices. Annihilant tout ce qui fait d’elles (même les non reproductrices) des être humains, elles ne sont plus que des pions que l’on utilise, recycle ou extermine…

Defred, notre héroïne fait partie des Servantes Ecarlates, encore capable de se reproduire et d’avoir des enfants. C’est elle qui nous raconte SON histoire. D’ailleurs Defred n’est pas son vrai nom, elle n’existe plus en tant qu’individu. Elle travaille pour un Commandant important et sa femme, ancienne présentatrice de télévision. Leur relation sont infimes en dehors de la séance rituelle de reproduction “puritaine” à laquelle ils prennent part tous les trois ensemble. Pourtant un soir tout va changer… Et cela va marquer le début du bouleversement dans la “vie” de Defred.

Defred est un personnage particulier… En fait j’ai beaucoup de mal à l’apprécier, elle est vraiment lointaine… Ce que je trouve très étonnant ! On a l’impression qu’elle a subit un lavage de cerveau, pourtant elle se rappelle très bien son passé… Mais elle en parle comme si cela avait eu lieu de très nombreuses années en arrière (alors qu’elle n’est pas bien vieille), et j’avoue que ce décalage temporel m’a un peu dérangé durant ma lecture.

L’ambiance du livre est quant à elle très moyenâgeuse… On a vraiment cette sensation de régression. On pourrait presque imaginer ces personnages marchant dans des rues boueuses alors qu’en fait pas du tout, ils vivent dans un monde moderne, il n’y a que leur comportement qui transgresse avec l’ère à laquelle ils vivent.

Maintenant le style du roman, qui se veut finalement un roman d’anticipation assez effrayant, est un des deux points noirs que j’ai eu avec ma lecture… D’abord, la mise en place fut très longue et lente et ennuyante… A vrai dire pendant un moment je me demandais si j’allais poursuivre ou non car je ne comprenais rien à l’histoire. L’auteur a peut être choisi de nous immerger directement dans ce nouveau monde, mais le problème c’est que sans une explication de la part de la narratrice, on perd du temps a essayer de savoir qui quoi comment où et quand …Et cela a duré sur plus d’une centaine de pages qui à mes yeux ne rendaient pas service au roman.

Pourtant, j’étais décidée à poursuivre car je ne pouvais pas m’imaginer autant d’avis dithyrambiques et trouver, moi, que c’était nul ! Et j’ai bien fait car quand enfin j’ai fini par trouver mes marques et à plonger dans l’histoire, elle s’est avérée un vrai page Turner que j’avais du mal à lâcher. Je voulais vraiment savoir ce qui allait se passer. Et puis ce fut le drame …

Voilà le second point noir de ma lecture … Une fin, à mes yeux, catastrophique… Qui n’a ni queue ni tête… Une fin qui m’a littéralement coupée dans mon élan (vous voyez cet effet que pourrait avoir de visualiser la ligne d’arrivée et qu’une crampe ou je ne sais quoi vous empêchera de passer) Qui m’a amené dans l’ennui le plus profond… Une pure déception. Malheureusement je ne peux vous l’expliquer sans vous spoiler (même si je considère qu’il n’y a rien a spoiler pour le coup …) Bref pour moi un grand n’importe quoi.

Conclusion ? On va dire que ce fut une lecture en demi teinte puisque en dehors du début et de la fin j’ai aimé. Le sujet traité est passionnant, voir même terrifiant ! La condition de la femme est bien entendu aujourd’hui un sujet qui défraie la chronique, et leur combat pour leurs libertés ne datent pas d’hier, mais imaginer un monde où elles auraient disparues est digne d’un film d’horreur.

Alors voilà … Je finirai simplement en disant que pour le coup je vous laisserai vous faire votre propre avis sur ce livre, car si le sujet est très intéressant, l’appréciation du style dépend entièrement de vous.

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