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Tout s’effondre

Tout s’effondre / Le Monde s’effondre — Chinua Achebe — Editions Actes Sud — 2016 — 230 pages — Ebook.

Quelques mots sur l’auteur

Chinua Achebe est né en 1930 à Ogidi (Est du Nigeria), dans une famille chrétienne ibo. il a fait des études à Ibadan. Il a enseigné à l’université, puis a travaillé comme journaliste et comme éditeur. Après la guerre du Biafra (1967-1970), durant laquelle il a soutenu la sécession, il est parti enseigner au Canada puis aux États-Unis, où il s’est éteint en 2013, à Boston. Auteur d’une œuvre immense, qui se déploie du roman à l’essai, des nouvelles à la poésie, il a reçu le Man Booker International Prize en 2007. Publié en 1958, Tout s’effondre a été traduit e une cinquantaine de langues et vendu à des dizaines de millions d’exemplaires.

Quatrième de couverture

À travers le destin d’Okonkwo, un notable de son clan, Chinua Achebe évoque le choc culturel qu’a représentée pour les autochtones Ibos, à la fin du XIXe siècle, la colonisation du Nigéria par les Britanniques. Presque coupés de l’extérieur, les habitants de la forêt équatoriale pouvaient imaginer un monde à leur image, fait de multiples dieux, de culte des ancêtres, de rites et de tabous. L’irruption des Européens et de leur religion, le christianisme, bouleverse toutes les croyances traditionnelles, d’où le titre du roman. En même temps, Chinua Achebe n’idéalise pas le passé. C’est parce que son meilleur ami a été victime d’un sacrifice humain que le fils d’Okonkwo rompt avec les pratiques de son village, ouvrant ainsi une brèche dans l’unité du clan.

Mon avis

Lancée dans cette lecture à la fois pour un challenge littéraire et aussi parce que j’ai découvert qu’il s’agissait d’une des plus belles œuvres de la littérature africaine, je n’ai pas été déçue du voyage, mais profondément troublée.

Ce roman n’est pas un témoignage (il aurait fallu que l’auteur vive lui même les “aventures” de son héros ou bien y ait assisté), mais presque de la vie ‘une tribu nigérienne à la fin du 19ème siècle. Mais l’on sent toute l’importance que revêt cette histoire pour son auteur étant donné qu’il est lui même issu de cette tribu dont il parle. On imagine tendrement les histoires racontées par sa famille sur ses ancêtres qui lui auraient donné l’envie d’écrire ce livre afin de nous partager un peu de sa culture et des grands chamboulement que son peuple a vécu.

Donc un roman, mais fulgurant de réalité puisqu’il décrit toute la vie d’un homme de sa naissance à sa mort, les changements qu’il a pu vivre tout au long de sa vie. Les choix qu’il a du faire pour survivre et être reconnu comme un homme important par son clan. Ce qu’il a été capable d’infliger par orgueil. Ce qu’il a perdu. Mais aussi tous les rites et cérémonies, les traditions surprenantes et parfois atroces. Et enfin la colonisation par les anglais menant à la chute de son monde. Donc fulgurant aussi par la dureté de ce que l’on y découvre.

Le récit se développe progressivement avec une simplicité incroyable. On a l’impression d’assister en tant qu’acteur à tout ce qui se passe. De voir les années défiler en même temps que le héros de l’histoire. Ce roman se lit vraiment avec facilité, je dirai même qu’il se dévore tellement il est intéressant.

Malgré tout mon petit cœur a eu beaucoup de mal à accepter ce qu’il y lisait. Je n’ai pas du tout aimé le personnage central de l’histoire. Sa vision du monde, sa façon d’agir. Il m’avait l’air tellement suffisant et sans cœur ! Très attaché à ses traditions, il m’a malgré tout fait de la peine lorsque la colonisation est arrivée.

C’est ce qui est terrible dans ce récit, on voit le décor et l’envers du décor. On aime pas la tradition, mais on aime pas non plus ces étrangers qui se croient permis de venir changer tout un mode de vie et détruire ce que ces gens ont construit tout au long de leur vie et leurs ancêtres avant eux.

Pour autant c’était intéressant de voir que la population s’est vite divisée ! Les jeunes et surtout beaucoup de femmes espérant mettre fin à certaines traditions barbares (sacrifices … abandons jusqu’à la mort des nouveaux nés jumeaux, etc.)

Je comprend qu’il soit difficile de prendre parti … On ressort de cette lecture en se demandant ce qui valait le mieux. En pensant que ces traditions étaient terribles et qu’il fallait y mettre fin ( ce qui en fait n’est toujours pas le cas hein), et d’un autre côté qu’on n’a pas le droit de s’imposer dans la culture des gens et de leur dire que ce qu’ils sont, font et croient c’est de la m…e !

Voilà ! Autant dire que cette lecture m’a beaucoup perturbée, mais je l’ai vraiment appréciée car elle ouvre une porte sur quelque chose que l’on ne connaît pas, et en plus de cela, c’est très bien écrit.

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